Stagiaires et les écoles de traduction

Dans le dernier numéro de Circuit, le magazine de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec, j’ai lu avec intérêt un article de Sébastien Stavrinidis, qui traite de l’expérience de trois stagiaires de l’Université Concordia. Coordinateur des stages en traduction de premier et de deuxième cycle, Stavrinidis souligne que la crise économique mène plusieurs employeurs à ne plus recruter des étudiants ou à ne pas offrir de formation à ceux qu’ils embauchent.

Les deux exemples qu’il donne, soit un étudiant embauché par un employeur qui devait trouver un pigiste pour réviser le travail du stagiaire (mais qui ne l’a pas toujours fait) et deux étudiants qui faisaient un stage dans un cabinet de traduction en France mais qui n’ont reçu aucun encadrement, illustrent les problèmes qui peuvent surgir quand on cherche des employeurs pour des stagiaires.

Depuis que j’ai commencé à donner des cours de traduction à Glendon, mes étudiants me demandent souvent comment on peut acquérir de l’expérience en traduction. On ne me posait pas cette question quand j’étais chargée de cours à Ottawa, ce qui est probablement dû au fait qu’il y existe plus d’emplois pour les traducteurs anglophones à Ottawa et à Gatineau qu’à Toronto. Certes, il y a peu d’opportunités pour les traducteurs anglophones qui souhaitent travailler dans un cabinet de traduction à Toronto, mais il existe par contre plusieurs opportunités pour des traducteurs anglophones qui souhaitent travailler de chez eux pour des clients à l’étranger. De plus, on peut toujours pratiquer le bénévolat en traduisant pour des organismes sans but lucratif.

Vu qu’il faut encadrer les stagiaires, il n’est pas souhaitable de les laisser sans réviseur, mais je crois qu’on pourrait quand même envisager un stage non-rémunéré qui permettrait aux étudiants de traduire des textes authentiques pour des organismes sans but lucratif, et d’être révisés par un traducteur expérimenté. Il existe déjà des réseaux de bénévoles qui traduisent des textes pour des ONG. Je pense, par exemple, à Traducteurs Sans Frontières, qui est composé uniquement de traducteurs bénévoles qui ont au moins deux ans d’expérience et qui souhaitent traduire des textes pour des organisations humanitaires. Il serait possible de créer un tel réseau au sein d’une école de traduction : les étudiants réaliseraient les traductions, et des traducteurs/réviseurs professionnels qui souhaitent participer à ce projet à titre de bénévoles pourraient par la suite réviser les textes.

Vu que des réseaux de traducteurs bénévoles existent déjà, il n’est pas irréaliste de penser que des traducteurs professionnels se porteront volontaires pour réviser 1000 ou 2000 mots ici et là, pourvu qu’il ne s’agisse pas de textes pour des entreprises commerciales mais plutôt de textes pour des organismes humanitaires. Les étudiants gagneront et les organismes aussi.

Qu’en pensez-vous de cette idée ? Y a-t-il d’autres traducteurs qui s’intéresseraient à un tel projet ?


Références:
Stavrinidis, Sébastien. (2010). Des Stages rares et difficiles à gérer. Circuit: 106, p. 19.