Enseigner avec des blogues

Ça fait maintenant plus d’un mois que je suis revenue de Concordia et que j’ai l’intention d’écrire un billet sur une présentation que j’ai trouvée extrêmement intéressante. Mais chercher une résidence plus près de Toronto, vendre notre ancien maison, emballer nos effets et déménager à la nouvelle maison ont pris plus de temps que prévu. De plus, je n’ai pas eu accès à Internet depuis plus deux semaines, ce qui m’a empêchée d’écrire quelques billets et de terminer mes recherches sur les blogues de traduction.

Eh bien, je profite du fait que j’ai enfin accès sans fil chez moi pour écrire un compte rendu de la présentation de Philippe Caignon lors du XXIIIe congrès de l’ACT. Il parlait de sa décision l’année dernière d’employer des blogues comme outil pédagogique dans son cours de terminologie. Pour ce faire, il a choisi un sujet (l’économie verte) et les étudiants de son cours ont dû créer des blogues portant sur la terminologie dans ce domaine. Vu que les étudiants n’étaient notés que sur les blogues, ils ont dû, toutes les trois semaines, faire une présentation pour montrer le progrès de leur blogue. Les autres membres du cours pouvaient par la suite offrir des critiques et des recommandations.

Philippe a noté que l’usage des blogues dans son cours avait quelques avantages. Par exemple: Il y avait plus de collaboration entre les étudiants, qui se sont donnés des conseils; les étudiants ont fait beaucoup plus d’attention à la qualité de la langue et de l’analyse ainsi qu’à la validité des sources, vu que les autres membres de la classe pouvaient lire les billets; et les étudiants ont pu s’exprimer avec beaucoup de créativité. Pourtant, il a dû passer du temps en classe à montrer aux étudiants comment créer un blogue, puisque plusieurs d’entre eux ne savaient pas comment se débrouiller. Les étudiants ont aussi dit qu’ils passaient beaucoup de temps sur les blogues (pour modifier les extensions et l’apparence, par exemple). Et enfin, Philippe a noté que la créativité des étudiants a mené à une diversité de blogues, ce qui a augmenté le nombre d’heures qu’il a dû passer à les corriger.

Ce que j’ai trouvé le plus intéressant dans cette présentation était l’évaluation des blogues. Les étudiants étaient notés notamment sur l’originalité et la qualité du blogue, sur leurs réponses aux commentaires, sur l’évolution de la qualité du blogue et de la pensée critique de l’étudiant, et sur la pertinence des commentaires qu’ils écrivaient sur les autres blogues. À mon avis, cela encouragerait fortement la collaboration entre les étudiants, et je crois que ce modèle pourrait s’adapter à un cours de théorie aussi: les étudiants pourraient écrire toutes les semaines quelques commentaires sur les lectures et le cours. Et chaque semaine, deux ou trois étudiants pourraient passer dix minutes à présenter leur blogue (et leurs pensés) en classe. Avec les blogues, on pourrait aussi ajouter des liens vers des vidéos ou des balados pertinents, ce qui pourrait enrichir les discussions en classe.

C’est dommage que je ne vais pas donner le cours de théorie encore une fois cette année, car j’aurais aimé employer des blogues comme outil d’enseignement, vu que j’ai maintenant préparé le contenu nécessaire pour le cours. Je vais pourtant garder cette idée en tête, car j’ai proposé un cours de deuxième cycle qui porte sur la traduction de textes politiques et il se peut que je peux incorporer des blogues à ce cours. Si oui, j’écrirais un autre billet sur ce thème. J’aimerais bien parler à d’autres professeurs qui ont déjà utilisé des blogues comme des outils pédagogiques dans des cours de traduction ou de traductologie, alors, laissez-moi un commentaire ou envoyez-moi un courriel si vous aimeriez me faire part de vos expériences.